Il vaut mieux faire volontairement des erreurs et perdre du temps au premier essai puis améliorer la prestation sur les deux essais suivants. Mais les manivelles sont loin d'être la partie la plus à craindre dans le processus, les psy sont complètement tordus du bocal en fonction du profil du candidat et ils tentent des trucs pour le moins expérimentaux.
Pour celles et ceux qui se poseraient la question quant aux différentes stratégies mises en place par les psychologues lors de la journée de tests/recrutement, une fois que vous avez validé les tests psychotechniques, dites vous qu'ils peuvent essayer de jouer sur l'axe de la déstabilisation afin de vérifier votre comportement face à une autorité. Donc, ne perdez pas espoir si vous rentrez chez vous avec le sentiment d'avoir échoué !
Lors de ma session (2013) nous étions 30 candidats à nous présenter à Lyon aux tests psychotechniques et nous savions qu'il n'y avait que 3 embauches prévues. J'ai fait partie des 9 restants à qui on a demandé de ne pas rentrer chez eux à midi et je savais que 6 d'entre nous ne seraient pas pris.
Je suis donc reçu par la psy à 14h00, elle me dit d'emblé que mes scores sont justes moyens en maths et en dessous de la moyenne en français. Elle me fait alors part de son inquiétude vis à vis de mon cas en me disant que, je la cite mot pour mot, "la SNCF ne peut pas se permettre d'embaucher quelqu'un qui ne sait pas compter et qui ne comprend pas ce qu'on lui demande". Autant dire que ça commence mal et que mon égo en prend un bon coup parce que j'étais sûr d'avoir cartonné en pronostiquant un quasi sans faute à l'issue de la matinée. J'ai en effet trouvé les tests assez simples mais peut-être à tord. Bref, je lui réponds que je ne vois pas où j'aurais éventuellement échoué et je me dis intérieurement que si je fais partie des 9 avec à mon compte un score digne de Forrest Gump c'est que les 21 autres candidats déjà invités à rentrer chez eux avaient alors franchi la limite du handicap mental. Après cela, la psy me fait remarquer que ma prestation aux manivelles n'est pas conforme à ce qu'attend la SNCF puisque j'ai en tout et pour tout fait une seule touche sur l'ensemble des 3 essais mais cette touche a eu lieu lors du troisième essai, tout en ayant progressé en temps entre chaque essai...cela traduisant l'inverse d'une progression attendue et montrant ainsi quelqu'un de non fiable sur le long terme selon elle. Elle était bien bonne celle là ! Certes je ne suis pas psychologue mais je savais que les 8 autres candidats avaient fait plus de 5 touches au total (on en avait discuté le midi) et que c'est un peu fort de café de me reprocher d'avoir fait une touche au troisième essai. Tout au long du reste de l'entretien je me fais littéralement laminer, en permanence à deux doigts de l'humiliation volontaire et la psy m'invite en conclusion à rentrer chez moi en me précisant que la SNCF me tiendra informé s'il y a une suite. Je me suis dit que c'était cuit, j'avais le moral dans les chaussettes et heureusement que je n'avais pas de problèmes dans la vie parce que je crois que quelqu'un de fragile aurait pu à ma place songer à se jeter dans le Rhône en fin de journée.
Curieusement, j'ai eu la semaine suivante la surprise de recevoir un appel de la direction me précisant la date de la visite médicale à laquelle je devrais me rendre. J'ai en conclusion fait partie des 3 embauchés avec, pour ma part, un QI d'huitre si j'en crois la psy qui m'a fait passer mon entretien. Cette expérience m'a tellement perturbé que j'ai décidé dans l'année de consulter un psychologue afin de passer un test de QI (WAIS IV) et j'ai obtenu un score de 135 pts harmonisés au terme des 3 séances. C'est à ce moment que j'ai compris la stratégie de la psy SNCF parce qu'on ne veut à l'évidence pas trop recruter des gens qui ont mon profil dans les entreprises.